C'est pour demain ! Le temps passe si vite...
Je suis donc attendu à l'aube au 2ème étage du service urologie de l’hôpital "L'Archet 2" pour une vasectomie que j'ai mûrement réfléchi.
Je n'ai plus aucun doute sur la décision prise depuis de nombreux mois désormais ; m'en convainquent encore un peu plus toutes les réactions des proches que j'informe de mon choix contraceptif.
C'est là ma dernière démarche. Aviser mon entourage de la raison de mon absence au travail demain, de la non publication quasi-quotidienne de Tweets sur mon compte Twitter (sauf réseau disponible et autorisation de l'utiliser par les services de l’hôpital), de mon absence de réponse au téléphone, etc...
Jusqu'à aujourd'hui, je me suis contenté d'évoquer ce sujet lorsque l'opportunité se présentait. Et en dehors de ma femme, seul un de mes meilleurs amis connaissait mon souhait.
C'est ainsi qu'une des premières personnes à connaitre mon intention a été ma belle-soeur chez qui je venais récupérer mes enfants qu'elle s'était proposée de garder alors que je me rendais à la visite pré-opératoire avec l'anesthésiste. Lorsque mon aîné m'a demandé où j'étais allé, je n'ai pas estimé devoir mentir. Lorsque j'ai mentionné mon rendez-vous à l’hôpital avec un anesthésiste, j'ai alors lu une certaine inquiétude légitime chez ma belle-soeur et lui ai donc raconté mon souhait. Décision qu'elle a salué, estimant qu'il fallait chez l'homme un courage certain pour prendre une telle décision. Sans doute le côté quasi-irréversible d'une telle opération...
Quoiqu'il en soit, depuis ce sont mes beau-parents qui ont été avertis. Dans les mêmes circonstances.
Demain mercredi, c'est en principe une journée chargée pour tout bon père qui se respecte. J'accompagne mes deux aînés aux entraînements de sport et retourne les chercher. Devinez qui va les gérer en mon absence ? ...Il a bien fallu que je leur donne aussi les raisons de cette intervention chirurgicale.
Aussi étrange que cela puisse paraître, mon frère et mes parents ne sont toujours pas au courant. Il n'y a pas eu d'occasion tout simplement. J'ai bien eu mon frérot au téléphone cette semaine mais pour lui souhaiter son anniversaire, et je vous avouerais que mon hospitalisation n'hantant pas mon esprit nuit et jour, le sujet n'a pas été évoqué. La semaine prochaine, c'est l'anniversaire de son voisin : mon père. Je m'efforcerais d'y penser et de leur raconter tout cela.
Et depuis aujourd'hui, j'ai "lâché le morceau" sur mon compte Twitter. Si j'ai évoqué en privé ma vasectomie pour la première fois en dehors de mon cercle familial avec une amie d'école avec qui nous échangions sur le sujet de la santé (elle est orthophoniste) il y a quelques jours ; c'est désormais publiquement que j'avise mes contacts au sens large.
Car il faut bien l'avouer. La vasectomie semble être un sujet tabou.
Pourquoi donc ? Un vieux relent de machisme et/ou la peur de la perte de la capacité reproductive ? Les femmes acceptent bien - au mieux - la ligature des trompes ; au pire, d'ingurgiter pendant des années une saloperie d'hormone masculine dont on ignore encore toutes les conséquences sur la santé, sur le long et très long terme !
Une méthode bien moins naturelle de toute manière qu'une section pure et simple des canaux déférents.
Vous savez à quoi je pense pour la conclusion de ce billet ? Aux préparatifs.
Je dois me rendre à la pharmacie cet après-midi pour acheter de la Bétadine Scrub et un autre produit de lavage des muqueuses. Je dois ensuite procéder à un rasage de tout mon appareil génital, du nombril aux genoux... et j'en rigole !
Me remonte à l'esprit ces heures passées à me raser les jambes alors que je pratiquais assidûment le triathlon, et cette sensation (pour ne pas dire plaisir) à me glisser ainsi, jambes nues, dans les draps le soir ; ce qui provoquait immanquablement une érection.
Alors j'imagine ce soir avec tout le sexe rasé !
Ne me souhaitez pas "bon courage", ça j'en ai eu besoin pour la prise de décision ; mais plutôt "bonne chance" ! Je vais vivre demain ma première anesthésie totale (excepté la toute première pour une amygdalectomie complète lorsque j'étais encore très jeune enfant) et c'est ce qui me soucie le plus. Outre la crainte également de choper une maladie nosocomiale par exemple, ou d'avoir un mauvais réveil...
En tout cas, je vous donne rendez-vous très prochainement pour vous résumer cet intervention chirurgicale. Peut-être demain si j'en ai la force.
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mardi 11 septembre 2012
J-1 ; lâcher le morceau
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jeudi 23 août 2012
Examens tous terminés
J'ai profité d'un calme relatif sur la Côte d'Azur pour prendre tous mes rendez-vous chez les différents spécialistes pour effectuer les examens et autres analyses pré-opératoires.
Tout semble correct. De l'analyse de sang à l'analyse d'urine ; de la radiographie des poumons à l'électrocardiogramme.
Ne me reste plus que l'entrevue avec l'anesthésiste dans quelques jours.
Je me rends compte désormais que je commence à évoquer ma vasectomie avec mes proches. Chose étrange, je ne l'ai pas encore fait avec ma famille...
C'est aussi lors d'une discussion avec l'ami d'un ami qui s'avérait être un anesthésiste en pré-retraite ; que j'évoquais avec lui mon envie d'être opéré sous anesthésie partielle. Ma première expérience dans ce domaine remonte à ma ménisectomie au genou gauche il y a de cela plus de 15 ans ; où j'avais apprécié de pouvoir "vivre" ma propre remise en état sous cette technique.
N'y voyez aucune peur vis à vis d'un quelconque manque de confiance envers le corps médical, il s'agit simplement d'une pure curiosité née de mes quelques études de médecine (que je qualifierais de "basiques") lors d'une tentative de réussite au Brevet d'Etat d’Éducateur Sportif. Tentative infructueuse d'ailleurs...
Cette discussion m'a permis d'apprendre que mieux qu'une anesthésie partielle, nous autres patients avons désormais la possibilité d'être anesthésié dans une zone du corps de plus en plus circonscrite, y compris pour les interventions de cet acabit.
Si je reprends l'exemple de la ménisectomie, l'anesthésie partielle avait consisté en une péridurale en règle : le sérum injecté en périphérie du rachis lombaire anesthésie entièrement les deux membres inférieurs.
Aujourd'hui, pour une même intervention chirurgicale, il est possible de se voir injecter le sérum juste au niveau du genou.
Attention ! Je ne vous parle pas d'une simple anesthésie "locale" comme la majorité d'entre nous avons déjà connu. Cette petite injection que 'on vous fait dans la gencive pour traiter cette petite carie ou encore cette piqûre dans le derme pour quelques points de sutures. Non, j'évoque ici une anesthésie "partielle" pour les intervention plus invasives, mais qui restent connexe à la zone de l'intervention en elle-même.
Aussi, pour une vasectomie, cette anesthésie s'intitule : "anesthésie en siège".
Pourquoi ?
Le sérum, toujours injecté au niveau du rachis lombaire va l'être en quantité moindre. Dans les minutes qui suivent, mon corps sera positionné de manière à ce que mes fesses soient la partie la plus basse ; donc tronc et jambes en l'air. Même si je ne vois pas à l'heure qu'il est comment maintenir une position qui semble assez inconfortable au demeurant, celle-ci permettra au sérum de ne se dissiper qu'un niveau du siège (et non tous les membres inférieurs) et donc permettre une intervention dans cette région : mes testicules.
Avantage de cette technique : toujours le plaisir (certes personnel) de suivre l'intervention ; mais aussi et surtout de récupérer beaucoup plus rapidement l'usage de la zone endormie.
Pour mon sexe, même si vous comprendrez que je ne vais certainement pas m'en servir tout de suite (excepté pour uriner) ; savoir qu'il est toujours là me rassurera rapidement.
Ah cette satanée et persistante peur infantile de perdre son zizi...
Tout semble correct. De l'analyse de sang à l'analyse d'urine ; de la radiographie des poumons à l'électrocardiogramme.
Ne me reste plus que l'entrevue avec l'anesthésiste dans quelques jours.
Je me rends compte désormais que je commence à évoquer ma vasectomie avec mes proches. Chose étrange, je ne l'ai pas encore fait avec ma famille...
C'est aussi lors d'une discussion avec l'ami d'un ami qui s'avérait être un anesthésiste en pré-retraite ; que j'évoquais avec lui mon envie d'être opéré sous anesthésie partielle. Ma première expérience dans ce domaine remonte à ma ménisectomie au genou gauche il y a de cela plus de 15 ans ; où j'avais apprécié de pouvoir "vivre" ma propre remise en état sous cette technique.
N'y voyez aucune peur vis à vis d'un quelconque manque de confiance envers le corps médical, il s'agit simplement d'une pure curiosité née de mes quelques études de médecine (que je qualifierais de "basiques") lors d'une tentative de réussite au Brevet d'Etat d’Éducateur Sportif. Tentative infructueuse d'ailleurs...
Cette discussion m'a permis d'apprendre que mieux qu'une anesthésie partielle, nous autres patients avons désormais la possibilité d'être anesthésié dans une zone du corps de plus en plus circonscrite, y compris pour les interventions de cet acabit.
Si je reprends l'exemple de la ménisectomie, l'anesthésie partielle avait consisté en une péridurale en règle : le sérum injecté en périphérie du rachis lombaire anesthésie entièrement les deux membres inférieurs.
Aujourd'hui, pour une même intervention chirurgicale, il est possible de se voir injecter le sérum juste au niveau du genou.
Attention ! Je ne vous parle pas d'une simple anesthésie "locale" comme la majorité d'entre nous avons déjà connu. Cette petite injection que 'on vous fait dans la gencive pour traiter cette petite carie ou encore cette piqûre dans le derme pour quelques points de sutures. Non, j'évoque ici une anesthésie "partielle" pour les intervention plus invasives, mais qui restent connexe à la zone de l'intervention en elle-même.
Aussi, pour une vasectomie, cette anesthésie s'intitule : "anesthésie en siège".
Pourquoi ?
Le sérum, toujours injecté au niveau du rachis lombaire va l'être en quantité moindre. Dans les minutes qui suivent, mon corps sera positionné de manière à ce que mes fesses soient la partie la plus basse ; donc tronc et jambes en l'air. Même si je ne vois pas à l'heure qu'il est comment maintenir une position qui semble assez inconfortable au demeurant, celle-ci permettra au sérum de ne se dissiper qu'un niveau du siège (et non tous les membres inférieurs) et donc permettre une intervention dans cette région : mes testicules.
Avantage de cette technique : toujours le plaisir (certes personnel) de suivre l'intervention ; mais aussi et surtout de récupérer beaucoup plus rapidement l'usage de la zone endormie.
Pour mon sexe, même si vous comprendrez que je ne vais certainement pas m'en servir tout de suite (excepté pour uriner) ; savoir qu'il est toujours là me rassurera rapidement.
Ah cette satanée et persistante peur infantile de perdre son zizi...
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mercredi 22 février 2012
Accepter la vasectomie
- La raison pour laquelle j’ai choisi la vasectomie comme moyen de contraception n’est pas d’ordre financier. La pilule contraceptive est assez bien remboursée pour peu que votre femme choisisse la bonne si elle y est compatible.
- La vasectomie est définitive et c’est le critère principal de mon choix.
- Par ailleurs, j’estime être relativement bien informé sur ce qu’est la vasectomie. C’est d’ailleurs une des raisons qui me pousse à rédiger ce site. Je souhaite partager mes connaissances en la matière et aider les plus indécis à faire ce choix s’il leur convient.
- Je n’ai aucun frein psychologique. Athée, je n’ai aucune conviction religieuse.
- Je ne suis pas machiste.
- Ma femme est 100% en accord avec moi sur ce sujet. Nous estimons que de cette façon elle préservera davantage sa santé.
- Je suis marié depuis 2002 et vit maritalement avec ma femme depuis 13 ans. Nous avons trois enfants et nous sommes âgés tous les deux de plus de 40 ans.
- Je connais tous les choix de contraceptions possibles et la vasectomie est celle que j’ai retenu.
- Aucun changement au niveau de la libido et du fonctionnement physiologique ou psychologique sexuel.
- Je souhaite stopper l’utilisation du préservatif masculin.
Et enfin, si ma famille s’agrandissait :
- Je ne suis pas sûr de pouvoir supporter la charge de travail supplémentaire que cela implique.
- Je ne suis pas sûr de pouvoir subvenir au coût supplémentaire que cela implique sans baisser mon niveau de vie et mon confort général.
Ai-je tout envisagé ?
Assurément non. Il me faut penser au pire, mais ce sera l’occasion d’un nouveau billet…
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samedi 11 février 2012
Egalité des sexes
C’est bien réfléchi. Ma femme et moi ne souhaitons plus avoir d’enfants. Pourquoi la contraception ne devrait-elle être qu’une affaire de femmes ? C’est la première question que je me suis posé en optant pour la vasectomie. En ces temps où il est de bon ton d’afficher son attachement à la parité “homme-femme” (…et pourquoi pas “femme-homme” d’ailleurs ?), je ne vois pas quelle meilleure preuve l’on peut apporter à la mère de ses enfants.
La vasectomie est une opération comparable à la ligature des trompes chez la femme. Mais en ce qui me (“nous”, puisque c’est une décision commune aussi) concerne, je considère que ma femme a déjà fait subir à son organisme moultes absorptions de produits chimiques entrant dans le composé de la pilule contraceptive ; raison pour laquelle je ne souhaite pas lui faire subir une intervention chirurgicale supplémentaire. A mon tour de faire en sorte qu’il nous soit possible d’avoir une sexualité épanouie sans risque de grossesse. Le temps du machisme est révolu.
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